« La Vague est trans-mission, elle incarne une vision du design total. Caractérisé par sa transversalité, le design total augmente l’expérience. Les designers de La Vague créent en ce sens, des vecteurs traduisant ce que vous souhaitez transmettre à vos publics — votre identité et votre désirabilité — dans des objets visuels, architecturaux, ludiques, musicaux, etc. L’authenticité est puisée dans les règles de la manualité ancestrale et délivrée dans des créations contemporaines, animées par la recherche de l’intemporel. »




Portraits des fondateurs de La Vague Designers




Alice Roux designer scénographe architecte d'interieur co-fondatrice co-directrice de La Vague photo Martin Coiffier
© Martin Coiffier



Alice Roux, co-fondatrice et co-directrice de La Vague, dirige l’activité des éditions de design. Diplômée émérite de l’école Penninghen en architecture intérieur et design, Alice dynamite ce qui peut être pris pour de la futilité en excellence de l’Art de Vivre. Alice conserve un lien fort avec ses origines du sud de la France, terre de jeu et de son enfance, entre Uzès et Montpellier, grâce à ses séjours réguliers en résidence artistique. Alice suivra sa passion de l’architecture en dirigeant les chantiers décors de pièces de théâtre d’Avignon et du cirque équestre Zingaro plutôt qu’en agence d’architecte.

Sa rigueur professionnelle et sa fascination pour l’univers du spectacle, du théâtre, de la danse, de ceux d’Oskar Schlemmer, du Bauhaus et de l’Art Total donnent toute la force à son expressivité dans chaque mission. L’attitude d’Alice est guidée par la « comédie », celle du théâtre, des décors et celle qui la fait rire aux éclats.

 instagram d'Alice



Mattia Listowski designer directeur artistique graphiste co-fondateur et co-directeur de La Vague photo Martin Coiffier
© Martin Coiffier



Mattia Listowski, co-fondateur et co-directeur de La Vague, dirige l’activité de direction artistique des marques. Étudiant nomade en arts graphiques et DA à Penninghen, en communication visuelle à l’Académie Charpentier, et en art vidéo à l’ERG de Bruxelles, la transdisciplinarité de son regard confère la richesse de ses propositions. Parisien, l'identité de Mattia est kaléidoscopique, entre l'engagement intellectuel de ses origines polonaises et la Dolce Vita de ses origines italiennes, la plaine du Pô et Venise la sérénissime, son jardin secret.

Mattia s’embarquera dans une réflexion sur l'homme et son rapport au réel et à l'imaginaire, à travers le projet « Systèmes Sensibles », et « Rongo Rongo » présenté à la Biennale de Venise. Sa recherche constante entre le naturel et l’artificiel, l’humain et le paysage, la raison et la sensibilité, s’exprime à travers ses mains, son second cerveau et sa méditation, pour trouver toujours l’équilibre esthétique. Mattia perçoit l’« horizon », celui de la musique, de la vision et de la mer.

 instagram de Mattia



« La Vague est une idée entêtante et évolutive, née dans le souvenir d’enfances heureuses. Les fondateurs, Alice Roux et Mattia Listowski ont initié en 2010, au coeur d’une grange forestière, un dialogue créatif qu’ils nommèrent « Alice et Mattia ». Le couple de plasticiens développait à l’infini un univers libre, accord de leurs singularités. Leur engagement aujourd’hui est d’orienter cet univers-là vers des problématiques auxquelles le design total répond. La Vague grandit sur le mode de la collaboration organique de personnes en quête de perfection, tant esthétique qu’exécutive. À travers l’édition d’objet, l’équipe insuffle l’extraordinaire dans l’ordinaire et s’amuse. Les collections capsules évoquent la magie, l’élégance et les plaisirs de la vie. Ainsi, l’évidence tangible devient spectaculaire. »





Interview réalisée par Tatiana Civet de l'Agence Let's Be


Racontez-nous
ce qu'est La Vague ?



Mattia : J'ai envie de repartir de notre genèse, celle de « Alice et Mattia » : dans la confidentialité de notre atelier parisien, nous avons eu nos premières idées, créé nos premières oeuvres ensemble, fait émerger un art commun, libre et continu. De nos études, Alice en architecture et moi en arts graphiques, nous avons développé un langage artistique globale, une réflexion sur le monde, et nous travaillons depuis à quatre mains sur nos œuvres. Aujourd'hui nous désirons, avec La Vague, focaliser cet univers-là vers des problématiques plus spécifiques comme le design graphique et le design d'objet.

Alice : En effet nous avons initié notre travail commun en 2010 et notre pratique artistique a intéressé des marques à partir de 2013. Cacharel nous a sollicité pour la direction artistique d’une collection. Ne venant ni de la mode, ni de la publicité, cette collaboration nous a interpellé. Nous avions à la fois un regard, des compétences et des savoir-faire dont les marques étaient demandeuses. Il était logique de structurer une société en ce sens, et nous créions La Vague Studio à notre arrivée à Bruxelles, dans une certaine urgence. La nouvelle dynamique de La Vague, est d’affirmer l’envie de collaborer, en tant que créatifs, avec des interlocuteurs d’univers très différents. C’est l’ouverture de champs plus larges, avec des métiers et des rencontres plus riches.



Le renouveau de votre
image affirme une nouvelle orientation stratégique.
Quelle est-elle ?



Alice : La Vague est une onde, un rythme, des séquences… En faisant des recherches graphiques pour notre identité visuelle, des dessins de Mattia sont ressortis les formes du diapason et de la plume, celle de l’écrivain. Cette lettre-logo « V » contient la musique, l’écriture, la noblesse de la ligne, les fondamentaux de l’art. Elle nous inscrit dans cette continuité ancestrale de la manualité, dans cette transmission ou « trans-mission ».

Mattia : L’idée du logo est venue lors d’un concert symphonique du compositeur Arvo Pärt, au Palais Bozar de Bruxelles. Il écrit une musique minimale et cinématographique, invitant à la méditation et à l'imaginaire. Le diapason est un instrument qui impose le ton à tous les autres, il les accorde. Ses proportions sont faites pour donner cette note unique, le « La ».

Alice : Il était important d’asseoir une image haut de gamme et de se positionner clairement pour les projets que nous mettons en place. Aujourd’hui notre objectif est de créer une unité intelligible de nos prestations de designers.

Mattia : Notre perspective est de partir de ce que nous sommes : des designers qui ont à la fois un studio graphique et un atelier de création d'objets, pour porter l'ensemble vers une signature, celle d’un éditeur de design.



Vous diversifiez votre offre
avec la création d’une
édition d’objet limité.
Pouvez-vous nous en parler ?



Alice : Nous avons envie de proposer aux marques des collections capsules, des collections thématiques. Pour le lancement de La Vague Édition, nous imaginons un objet étendard qui éveillera l’intérêt pour notre signature. J’envisage de présenter la première collection lors d’un événement inspiré du monde des arts vivants et de celui de la mode, retranscrire leur style de générosité et de gaité.

Mattia : Que l’événement soit l’expression explosée que contient l’objet inerte, à l’image d’une pochette surprise.



Vos collections capsules
vont-elles suivre
une ligne directrice ?



Mattia : La Vague Édition est un imaginaire, un vocabulaire d’objets, conçus à travers les premières idées émergeantes. Opérer un déplacement de notre langage artistique. Les collections capsules déclineront une série de concept – évasion, poésie … - dans une nouvelle dynamique, de nouveaux contextes. Dans le design, les codes sont plus simples, plus intelligibles et il me semble mieux respectés par tous les acteurs du secteur.

Alice : Le design est une rencontre entre plusieurs mondes : la création, l’artisanat et l’industrie. Il donne une visibilité à la création. La synergie entre ces métiers permet l’entrée de la création dans le quotidien. La base de notre lexique pourrait être : joie, jeu, émerveillement, architecture, volume, matière, illusion, … Nos thèmes récurrents.

Mattia : Le choix du diapason pour notre identité visuelle n’est pas guidé par le clinquant de l’or, mais le scintillement des étoiles. Il s’agit d’un rêve très réel, l’hédonisme d’un objet pur. Les objets nobles sont parfois vécus comme intouchables. Nous préférerons des objets nobles ET vivants.

Alice : Nous finalisons en ce moment la commande d'une création née à Sète : la Lampe Trapèze. Cet objet est un jeu sur le cirque, l'émerveillement de la couleur et de la lumière, de la magie de la fête, tout en légèreté ! En scénographie j'ai abordé la question du corps et de son rapport à l'espace, de l'illusion d'optique, des changements d'échelle, comme source d'inspiration dans nos installations. Tout cela alimentera nos collections capsules.



Pouvez-vous nous donner
une de vos caractéristiques ?



Mattia : Nous utilisons des techniques et des modes de réflexion qui viennent de méthodes anciennes. Mon travail de typographie respecte les règles de l’imprimerie en plomb, qui a aujourd’hui disparu, elles en donnent la spécificité visuelle. Même si nous sommes obligés de passer par l’ordinateur, que cela ne se « voit » pas nécessairement dans le résultat final, ce socle nous différencie. Ce parallèle se justifie sur toutes nos techniques et leurs destinations.



N’est-ce pas opportun
aujourd’hui d’être
à contre-courant,
parce-que les gens ont
besoin de cela ?



Mattia : Les gens attendent une authenticité. Nous sommes connectés à une réalité, aux influences visuelles actuelles. Mais la recherche est avant tout celle de l’intemporalité : fusionner le traditionnel et le moderne, pour la pérennité de nos créations et qu’elles remplissent leur fonction dans des applications variées. Notre approche est celle de l’excellence, quelque soit l’échelle.

Alice : Cette approche se raréfie et nous distingue. Notre signature est liée à notre style, à l’originalité qu’il va apporter aux projets de nos clients. Nos formations respectives composent notre ADN, ainsi que nos références, notre rapport à l’objet et notre méthode de travail collaborative.



Pouvez-vous nous citer
vos références artistiques majeures ?



Alice : Pour ma part, j’ai toujours été proche du Bauhaus, pour l’idée d’art total, son mélange des disciplines, d’interconnexions. Même si pour certains ce mouvement est démodé, je le considère, sous divers aspects, très actuel. Sonia Delaunay est une femme et artiste qui m'inspire par la multiplicité de sa pratique : de l'illustration de poèmes, des dessins d'imprimés pour tissus, des peintures sur mobilier, de la tapisserie... La Vague perpétue cette transversalité, ce lien entre tous les éléments.

Mattia : Au tout début de ma pratique artistique en solo, avant de rencontrer Alice, les artistes contemporains qui m’insufflèrent de l’inspiration venaient de la musique, du Land Art et de l’Art Minimal. Vers une recherche de méditation, des sens, et de ce lien entre l’homme et la nature, l’artificiel et le naturel, et de leur perméabilité. Je cite notamment James Turrell, son travail est à la fois méditatif dans le résultat et clinique dans son ingénierie, avec pour exemple son oeuvre totale du Roden Crater. Andy Goldsworthy va travailler des heures et des jours avec ses mains pour transformer la nature, créer des dégradés de feuilles, tapisser un sol, qu’avec le temps, la végétation recouvrira d’une certaine manière, ou bien il laisse détruire l’œuvre d’un coup de vent.



Comment cette attitude
se traduit-elle dans votre
design identitaire ?



Mattia : Dans le design graphique pour l’image de marque, je garde toujours en tête l’impact ou le côté scénographique qui captera vraiment le regard par quelque chose d’original, d’attirant, de captivant, de décalé par rapport à la marque, en allant chercher des références dans d’autres secteurs. L’idée avec La Vague, c’est de conserver l’aspect plastique jusqu’à la fin.



Quel est votre regard
sur le design actuel ?



Mattia : Je me sens obligé de repartir à la première définition, celle du premier design selon moi, le design d’objet: donner une fonction qui permette de répondre à une nécessité. Le design est la création de nouveaux objets qui répondent à ces besoins, qui sont eux-mêmes guidés par nos désirs. C'est l'homme augmenté. Le design donne une forme réelle et matérielle à cette volonté d'aller vers un être supérieur. S’il ne rempli pas sa fonction, il peut être autre chose, une sculpture par exemple. Je trouve intéressante l’idée que la technologie ne soit pas nécessairement numérique, mais plutôt l’art de la transformation vers un objet plus complexe. Cette capacité par imagination, par projection, à transformer un matériau, du bois ou de la pierre. Le design contient l’histoire de notre évolution en tant qu’être humain, son intelligence de la transformation et de la technologie, et en cela il affine nos nécessités de fonctions, d’augmentation.

Alice : Nous assistons au retour à la nature, aux matières très nobles, au bois brut. Face à cette tendance de neutralité dans les intérieurs, nous proposons une alternative colorée. Pourquoi ne pas assumer la fantaisie ? Une pièce un peu flash dans un intérieur monotone, ça le réveille !

Mattia : Notre design oriente un état émotionnel. En général dans le design, la fonction est très déterminée, nous souhaitons éveiller le désir. Nous concevons des contextes favorables à l’incroyable.



Une théâtralisation
de la vie ?



Alice : L’interprétation de nos imaginaires.

Mattia : Une mise en scène du rêve.


Design et Direction Artistique

Agence fondée en 2010 par Alice Roux et Mattia Listowski

La Vague Designers